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À propos de Richard Blot

Des ciels du Nord en passant par les rivages bretons et la lumière dorée de la Touraine, Richard Blot a réalisé une œuvre marquée par la singularité d’un regard profondément amoureux de la nature.

 

Que l’on contemple ses paysages ou ses natures mortes, l’impression rêveuse et presque nostalgique qui se dégage de certains de ses tableaux fait écho à la grande précision de la technique qu’il emploie, aussi vigoureuse dans l’apposition de la pâte au couteau, que délicate dans sa manière de poser ses couleurs au pinceau.

 

Avec un sens poétique certain, son geste s’associe à une grande culture visuelle pour lui permettre de saisir le charme des marais d’Oisy-le-Verger, non loin desquels, près d’un siècle avant lui Camille Corot et Constant Dutilleux se sont rendus. Saisissant la façon dont le vert des arbres et des herbes hautes s’accorde avec les ocres plus sombres des troncs et de la terre, l’artiste compose ses tableaux sur le motif et nous propose de regarder ce que reflète l’eau dormante : la lumière laiteuse, le soleil couchant, les ombres délicates et la calme tranquillité du temps qui passe.

Cette capacité à ressentir les effets de la nature, ses fils Thierry et Laurent la décrivent comme indissociable de la personnalité de leur père, qui pouvait rester des heures durant observer, dessiner peindre et rêver, sans que les aléas météorologiques ne le perturbent d’aucune sorte. Passionné par son sujet et entier dans sa manière de concevoir sa carrière d’artiste, Richard Blot se montre cependant sensible à l’art des paysagistes hollandais du 17e siècle, notamment lorsqu’il s’agit de peindre l’étendue des effets visibles dans les ciels du Nord. L’intimisme qui se dégage de ses représentations des cycles de la nature est certainement issu d’une très bonne connaissance des artistes de l’école de Barbizon, tandis que l’on ressent dans d’autres celle des toiles impressionnistes de Pissarro et Sisley.

 

La vigueur éclatante et expressive de ses natures mortes est davantage à rechercher vers une volonté d’expérimenter le chatoiement des couleurs chaudes sur un fond uni. Cet accord de couleurs vives, l’artiste le donne à voir d’une manière particulière dans L’Arbre bleu et Au bureau, qui à la différence des œuvres précédemment citées, utilisent la force du cerne sombre pour délimiter des aplats de couleurs, pour certaines presque pures. Ce travail n’est pas sans évoquer non plus la technique de l’émail, chère à Richard Blot, qui l’a utilisée tant pour représenter des paysages que pour créer des objets décoratifs.

 

Profondément liée au nord de la France, plurielle de par la diversité des techniques employées, l’œuvre de Richard Blot incite le spectateur à entrer dans la contemplation intime d’une nature calme ou tourmentée, où la passion des couleurs pures côtoie celle des ombres délicates. À entrer, en somme, dans le moi intérieur d’un artiste attachant.

Anne Labourdette

Conservatrice du patrimoine - Directrice du musée de la Chartreuse 

"C'était un humaniste. Il croyait en tout et en tous. Rien ne pouvait l'empêcher de peindre, ni la pluie, ni la neige..."

Richard Blot est un Artiste français né le 18 octobre 1932 à Boulogne-sur-Mer dans le Pas-de-Calais. Il est décédé le 28 avril 1989 à Douai dans le Nord.

Richard Blot est professeur de dessin d’art et de technologie au collège St Joseph à Villedieu-Les-Poêles où il anime aussi des ateliers de modelage et d’ébénisterie. De retour dans le Nord dans les années 1970, il entre à la Direction départementale de L’Équipement à Douai en qualité de dessinateur.

Peintre intimiste et d’une expressive poésie, Richard Blot peint depuis l’âge de 16 ans. Il se définit comme un paysagiste néo-impressionniste romantique, son art pictural se traduit souvent sur de petits formats. La Touraine, la Bretagne, les marais et la mer du Nord sont ses sujets de prédilection.

Passionné de flamenco, il est l’ami de Manitas de Plata. Claude Genisson (peintre hyperréaliste), Robert Bouquillon (peintre coloriste) sont également ses compagnons.

Richard Blot noue un attachement profond à la Nièvre, région dans laquelle il a été réfugié avec sa mère durant la Seconde Guerre mondiale. Il évoque souvent avec émotion ses années vécues à Saint-Saulge entre 11 et 14 ans. Édouard Duplessis, l’instituteur de la localité, lui a appris le sens de la vie et l’amour pour ce métier d’enseignant. Édouard qui devint plus tard son beau-frère avait, comme lui, le goût de la peinture et du dessin.